lundi 29 août 2011

À Saint-Henri le 26 août au Parc Vinet

Je n'ai rien d'un chroniqueur culturel et donc pour ce qui est de ses qualités cinématographiques je dirais juste qu'il me semblait assez réussi.  Nous l'avions pas visionné encore, ce film qui chronique la vie quotidienne de notre quartier...Mon regard n'est pas non plus celui d'un observateur neutre - nous ne connaissons pas tous les personnages du film (mais presque) mais le portrait dressé en est une version (ou une vision) de quelque chose qu'on connaît très bien.

D'abord, les beaux images du quartier : il est effectivement édifiant de voir notre quotidien rendu artistique, ça nous faire voir les choses d'une autre perspective.  Au même temps, ces images soignés ne sont pas notre réalité.  Ainsi, nous sommes à la fois émerveillés et dubitatifs.  "Trop beau" ?  Presque...les images nous démontrent qu'il est possible de voir notre milieu sous une autre lumière, tout en nous rappelant que la plupart du temps nous en sommes incapables de ce faire.  Espoir...et frustration.

Après, les personnages.  Attachants, humains, authentiques.  Comme pour les images, nous ne les connaissons pas tout à fait comme ça.  Nous connaissons, parfois, leur côté plus sombre.  Le film ne voulait pas les juger, et c'est bien ainsi.  En fait, je ne vois pas comment un tel exercice, un regard fuyant venu de l'extérieur, aurait pu mieux les représenter...mais pour nous, un peu de la magie est perdue.  Ça me fait penser à la fois que j'ai participé en tant que figurant à un film d'Oliver Stone : j'avais vu de l'intérieur la scène, la mise en scène je veux dire, auquel j'ai participé, et rendu sur le grand écran, ces petites trois minutes, je ne voyais que la répétition ennuyante de la même bout de chanson pendant deux nuits entières de tournage...Alors, quand je vois la femme qui ramasse les bouteilles et canettes dans le film, je me vois (dans la vraie vie) en train de la gronder parce que elle renverse tout notre bac de recyclage en cherchant ses canettes et elle laisse ça comme ça sur le trottoir, je me vois se lever d'une rare sieste un vendredi après-midi quand les enfants sont à l'école et j'ai congé parce que j'entends du bruit sur le balcon en arrière et je la trouve, ayant venue sans invitation dans notre cour, en train de piquer les canettes que mon fils avait ramassé des voisins pour avoir un peu d'argent de poche.  Pas si sombre que ça, je l'avoue, mais vous voyez comme le film ne peut produire le même effet que sur quelqu'un qui ne connaît pas ces gens...Mais c'est bien aussi, parce que ça me fait réfléchir à ces questions!

Et le document demeurerait précieux pour nous.  Je me projette à l'avenir, dans 15, 20 ans : serons-nous encore à Saint-Henri?  Dans tous les cas, on aurait, dans les archives de l'ONF, un très beau document pour se rappeler de cette époque, de l'école de nos enfants, de nos voisins, des rues de notre quartier, de l'échangeur Turcot (!)...et des gens qui avaient trouvé de la beauté et de l'espoir où nous ne voyons très souvent que la routine et de l'ennui.

Et oui, excellente initiative de projeter le film (et les autres films qu'on a manqués) au parc Vinet.  En espérant que les "Cinambules" répètent le coup l'été prochain!

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire