vendredi 30 septembre 2011

Le départ de François Lemay

On apprend que notre voisin François Lemay quitte le navire de l'association péquiste Saint-Henri-Sainte-Anne, et remettre sa démission en tant que président.  Je n'ai jamais été militant du Parti Québécois (ni même tenté par aucun parti politique) mais je connaît François Lemay et je trouve qu'il est une personne de grande qualité.  Il quitte son poste par conviction, par principe, et c'est tout à son honneur.  Même si je ne partageais ni son point de vue quant au meilleur véhicule d'engagement politique, ni certaines de ses positions politiques, je peux affirmer qu'il est un militant sincère et dévoué, qui voulait manifestement faire avancer la communauté du Sud-Ouest et le Québec.  Si des gens comme lui sentent le besoin de quitter le milieu politique, cela en dit long sur ce milieu: les bons s'en vont, et qui restent?

Je peux dire, maintenant, que c'est François Lemay qui a été largement responsable pour la cristallisation de l'opposition au projet Turcot du MTQ.  Oui, en tant que militant péquiste (et attaché politique de Thierry St-Cyr), c'était peut-être normal qu'il prend une position critique vis-à-vis le projet.  Mais je peux témoigner qu'il ne l'a pas fait par pure calcul politique: il avait compris que le projet était mauvais, et qu'il fallait faire quelque chose.  Comment est-il compris cela?  Je retourne aux débuts de 2008, le projet est annoncé, et des intervenants du Sud-Ouest organisent des rencontres avec des experts pour comprendre les impacts du projet.  Des présentations ont été faites par des experts en environnement, logement, santé publique et transport.  Le verdict était unanime: c'était un projet qui comportait beaucoup plus d'inconvénients que des avantages, un projet qui était peu adapté au milieu urbain, un projet rétrograde et dangereux pour la santé des résidents du Sud-Ouest.

Autour de la table des différents intervenants du milieu communautaire, politique et environnementaux, quelques personnes ont avancé des propositions très timides quant à la possibilité de demander au MTQ de mitiger quelques uns des effets plus négatifs du projet.  "Avons-nous vraiment les ressources, l'énergie, la capacité de s'opposer au projet?" ont-elles interrogé.  C'est François Lemay, à ce moment précis, qui a pris la parole et qui a lancé à la salle, "Si le projet est mauvais, avons-nous vraiment le choix?  Nous avons une responsabilité envers les citoyens de leur communiquer cette information.  Si nous croyons que le projet est mauvais, nous avons le devoir de le leur dire.  Nous devons être clair dans nos propos, et nous devons proposer ainsi clairement ce que nous croyons indiqué comme alternatif."  Ce n'était pas de la manipulation politique et la sincérité de ses propos a rallié tout le monde.  Nous avons ensuite organisé la grande assemblée publique au Centre Gadbois qui a lancé définitivement le mouvement de Mobilisation Turcot.

On peut très bien ainsi comprendre la frustration de François Lemay avec sa formation politique: il a bien compris que la clarté de propos et des alternatives claires et ambitieuses peuvent mobiliser la population autour d'un projet politique.  Et ce n'est pas dans ce sens qu'oeuvre le Parti Québécois (ni, à mon avis, aucun parti)...

Ah oui, je peux dire aussi que je m'ennuie de notre ancien député bloquiste Thierry St-Cyr.  J'ai n'ai pas (pour le moment) des critiques en particulier à diriger contre le honorable Tyrone Benskin du NPD, mais j'aimais ça quand Thierry répliquait à mes chroniques, notamment sur la question des libérations conditionnelles.  Thierry, si tu lis ça encore, en fin de compte on aurait été sur le même bord (si tu étais encore au Parlement) dans le sens que je t'avais promis de battre contre l'abolition des libérations conditionnelles au sixième de la peine, et tu m'avais dit que ce qui était pire était les peines minimales proposées, entre autres, par le NPD.  Et bien, je crois encore que l'abolition des libérations conditionnelles au sixième de la peine est une mauvaise mesure et potentiellement inconstitutionnelle, mais pour ce qui est de mon projet de recherche, il serait plutôt consacré aux nouvelles peines minimales dans le projet de loi C-10, la loi omnibus en justice péanle à caractère excessivement répressif du gouvernement Harper...

1 commentaires:

  1. Comme tu le constates... je lis encore tes chroniques. Tu as raison : le départ de François va créer un vide important dans le militantisme du Sud-Ouest. C'est un homme de conviction et de très grande valeur.

    Dans le cynisme actuel envers la politique, le grand malheur pour ceux qui y sont pour les bonnes raisons, c'est d'être amalgamés avec tous ceux qui y sont pour les mauvaises raisons.

    thierrY St-Cyr

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