Voici un petit bijou de propagande à peine voilée que j'ai dénichée dans The Gazette, dans un article traitant une manifestation étudiante prévue pour le 22 mars: "And some people wonder why students who find the money for expensive iPhones and computers can't seem to find a little extra for their education" écrit la journaliste Karen Seidman (Et plusieurs se demandent pourquoi les étudiants qui trouvent de l'argent pour des iPhones et des ordinateurs coûteux ne peuvent trouver un petit montant supplémentaire pour leur éducation).
Quelles sont ces personnes qui posent cette question? La journaliste ne nous le dit pas. Puisque on ne connaît pas l'identité des personnes qui font cet argument, on ne peut pas vérifier le fondement de leur raisonnement. Voilà donc une stratégie idéologique qui étouffe tout débat. On lance une généralisation pareille au beau milieu d'un article de journal prétendument objectif. Qui sont ces étudiants qui trouvent plein d'argent pour des gadgets électroniques, tout en s'opposant d'une façon catégorique à la hausse de frais? Encore, nous n'avons pas les moyens de le savoir.
Si on connaissait l'identité de ces personnes anonymes qui tient ce discours, on pourrait leur demander s'il basent leur argument sur des données fiables; on a-t-il fait des enquêtes auprès des étudiants pour déterminer si ceux qui dépensent plus pour des gadgets sont en effet ceux qui s'opposent à la hausse?
Je suis moi-même bénéficiaire des prêts et bourses, et je tape cette chronique sur un ordinateur coûteux - le même avec lequel je fais mes travaux scolaires. Cet ordinateur, j'ai acheté avec un prêt du MELS destiné précisément à l'achat de matériel informatique. Quel étudiant peut véritablement passer à côté d'un ordinateur pour être efficace dans ses études?
Et si c'était vrai que les étudiants en général consomment trop? Est-ce cela forcément leur faute? Ne sommes-nous pas au beau milieu d'une société de consommation? Peut-on s'attendre à que les étudiants soient moins sensibles au barrage de messages publicitaires, omniprésents (jusque dans les toilettes de l'université) qui leur incitent, sans cesse, à consommer toujours plus?
Le crédit est également une drogue puissante. Seul 10% des étudiants universitaires au Québec ont accès aux prêts et bourses, les autres s'en tirent avec des cartes de crédits et de marges de crédit (étude de la FEUQ, 2010) pour combler leurs besoins quotidiens. Le crédit existe, en effet, pour stimuler la consommation. Les étudiants réagissent au crédit comme prévue, selon la stratégie commerciale des banques, en consommant plus? Que doit-on conclure? Qu'ils n'ont plus le droit d'avancer de revendications politiques? Si les étudiants tombent dans le piège du crédit facile, ne devrait-on pas revoir la réglementation concernant le crédit, plutôt que casser de sucre sur leur dos et blâmer la victime?
La journaliste révèle sa mauvaise foi et manque d'honnêteté intellectuel de nouveau quand elle soutient que la hausse représente un "petit montant supplémentaire". Je me demande si elle tiendrait le même discours si c'était ses impôts fonciers ou ses impôts sur le revenu qui augmentaient autant que la hausse de frais de scolarité prévue, soit de 75%....
"Quelles sont ces personnes qui posent cette question? La journaliste ne nous le dit pas. Puisque on ne connaît pas l'identité des personnes qui font cet argument, on ne peut pas vérifier le fondement de leur raisonnement."
RépondreSupprimerBof, la radio-poubelle de Culbec City éructe souvent ce vomi. Idem pour des chroniqueurs de drouate comme comme Elgrabite et Du-s'aime...
L'étude qui est généralement utilisée a été faite par le CPQ en 2010.
RépondreSupprimerBien entendu, elle est biaisée. Si j'ai le temps, je consacrerai un billet sur mon blogue pour expliquer pourquoi.
En attendant, voilà le lien:
http://www.cpq.qc.ca/assets/files/sondages/2010/sondage1210.pdf
Je vais lire ça avec intérêt, merci!
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