Hier, je me promenais dans le quartier encore tranquille sous les effets des vacances. Arrivé au parc Vinet, je regardais la bibliothèque Georges-Vanier, et j'ai senti comme un petit frisson d'optimisme mélangé avec soulagement. Dans une autre réalité, où les citoyens accepteraient docilement les décisions "éclairées" des administrateurs municipaux, la bibliothèque serait fermée aujourd'hui. Heureusement, ce n'est pas le cas: une petite lutte, ou bien les embryons d'une lutte, ont été suffisant pour faire reculer l'administration Dorais.
Et j'ai pu donc jouir des fruits de cette lutte: pendant les vacances, libéré des impératifs scolaires, j'ai eu l'immense plaisir de me livrer à la lecture sans but précis. C'est à la bibliothèque Georges-Vanier que j'ai fait mes choix, piégeant cinq romans au hasard parmi les rayons de la bibliothèque en sursis. Ce sont cinq livres qui, par heureux effet cumulatif, m'ont amené à songer doucement, sans empressement, aux deux thèmes principaux qui se trouvent dans les cinq (et dans tous les romans?): de l'amour et de la mort. Réflexion intime, dont je vous épargne les détails. Si j'en parle ici c'est parce que je pense que c'est bien de prendre du temps pour identifier (et savourer) les fruits des luttes.
D'apparence, rien n'a changé: la bibliothèque est encore ouverte. Ce qui a changé sont les raisons de cela: la bibliothèque est ouverte grâce à la force de notre communauté. Ainsi, l'expérience d'aller à la bibliothèque est en quelque sorte enrichie par la conscience que c'est la solidarité de nos voisins qui rendent possible l'enrichissement culturel que nous apporte la bibliothèque.
Les cinq livres (parmi les milliers disponibles à la bibliothèque Georges-Vanier) auxquels j'ai eu l'accès libre et gratuit pour finir l'année 2011 (en ordre de lecture):
La musée de l'innocence, Orhan Pamuk
La ballade de l'impossible, Haruki Murakami
Man in the Dark, Paul Auster
Irma Voth, Miriam Toews
D'autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère
J'aimerais donc remercier les gens qui ont mis en branle la sauvegarde de la bibliothèque Georges-Vanier pour ce petit cadeau de lecture (je n'y ai pas participé moi, je me apprêtais à le faire, j'avais obtenu les coordonnées du comité de citoyens qui organisait la résistance, et bien on a annoncé la survie de la bibliothèque avant que j'ai pu posé un geste) : chapeau!
Allez donc faire un tour, vous aussi, pour y goûter aux fruits d'une petite lutte. Et bonne année!
bonne année...contente que tu sois de retour sur ton blog, tu devais être trop pris par tes lectures. merci de souligner les luttes menées et/ou à poursuivre.
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