vendredi 17 février 2012

Un appui des professeurs des sciences juridiques - UQAM


8.        Mobilisation étudiante contre la hausse des frais de scolarité

Proposition de Résolution sur la hausse des frais de scolarité et le mouvement étudiant

Considérant la décision du gouvernement d’augmenter les frais de scolarité de 325$ par année à compter du trimestre d’automne 2012 ;

Considérant que cette augmentation devrait se poursuivre jusqu’en 2016-2017, pour une augmentation totale de 1 625$ minimum ;

Considérant que le gouvernement envisage ainsi de faire passer le montant des frais de scolarité de 2168 dollars (en 2011) à 3 793 dollars (en 2016) par an ;

Attendu que cette augmentation s’inscrit dans une tendance à la marchandisation de l’éducation de par laquelle la société québécoise se déresponsabilise et remet sur les seules épaules des individus la tâche de s’instruire ;

Attendu que cette tendance à la marchandisation est de plus en plus inscrite dans le vocabulaire technocratique universitaire qui a notamment remplacé le terme de « population étudiante » par celui de « clientèle étudiante », tendance qui a comme effet de transformer le rapport pédagogique entretenu avec elle ;

Attendu que ce nouveau rapport pédagogique fait en sorte que les professeurs et chargés de cours sont de moins en moins appelés à rendre des services à la société en formant des citoyens, et de plus en plus à vendre des services aux étudiants-clients en fonction des seuls besoins du marché ;

Attendu la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et notamment son article 26 selon lequel,

1.     Toute personne a droit à l’éducation. (…) [et] l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. (…).
Attendu l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 en vertu duquel

2. Les États parties au présent Pacte reconnaissent qu'en vue d'assurer le plein exercice de ce droit: (…)
c) L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité;  (…).
Attendu l’Observation générale n°13 sur le droit à l’éducation de 1999, du comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies, selon laquelle les États ont 

« L’obligation de prendre des mesures concrètes en vue d’assurer à terme la gratuité de l’enseignement secondaire et supérieur » (paragraphe 14, E/C.12/1999/10, 8 décembre 1999).

Attendu l’Observation générale n°13 sur le droit à l’éducation et en particulier son paragraphe 7, relatif à la définition de l’expression « l'instauration progressive de la gratuité », selon lequel :

« Les frais d'inscription imposés par le Gouvernement, les collectivités locales ou les établissements scolaires, et d'autres frais directs, sont un frein à l'exercice du droit et risquent de nuire à sa réalisation. Ils entraînent aussi souvent un net recul de ce droit ».

Attendu la Résolution de la Commission des études de l’UQAM, intitulée Position de la Commission des études sur la hausse des droits de scolarité (résolution 2011-CE-11864) ;

Attendu la Résolution du Conseil syndical du SPUQ du 9 novembre 2011 ;

L’Assemblée départementale du département des Sciences juridiques de l’UQÀM

Rappelle que l’instauration progressive de la gratuité des frais universitaires est non seulement un objectif à atteindre mais une obligation internationale depuis 1976 ;

Soutient avec force et détermination le mouvement des étudiants-es dans sa lutte contre la hausse des frais de scolarité et pour la pleine réalisation du droit à l’éducation.

IL EST PROPOSÉ PAR Martin Gallié, appuyé par Rémi Bachand

Adopté à l’unanimité

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