lundi 27 février 2012

La lutte des classes

Et des générations...

Un de mes professeurs à l'UQAM, un peu moins progressiste que le moyen, se dit en faveur de nos revendications concernant les frais de scolarité (ou pour le moins, quant au gel, pour la gratuité, je suppose que c'est une autre affaire), mais (il fallait qu'il y ait un mais), il trouve que le mouvement étudiant "se tire dans le pied" en tenant un discours de "lutte des classes".  Ce n'est pas vrai, prétend-il, que ce sont les riches qui sont favorables à la hausse, et que ce sont les pauvres qui sont contres.  En présentant le débat en ces termes, continue-t-il, les éléments plus à gauche du mouvement ne font qu'obscurcir les "vrais enjeux".

Vraiment?

Un sondage conduit par la firme Forum Research révèle que, au contraire, ce sont surtout les riches qui sont favorables à la hausse, et surtout les gens à faible revenus qui sont contre: 60% des gens qui gagnent plus de 100 mille $ par année appuie la hausse.  Par contre, 67% des gens qui gagnent moins de 20 mille $ par année s'y oppose.

On trouve les mêmes clivages dans les tranches d'âge: 53% des 65 ans et plus appuie la hausse; 66% des 18-34 ans s'y oppose.


À la lumière de ces données, on peut soutenir que faire abstraction des intérêts de classe dans la question des frais de scolarité c'est de faire preuve de l'aveuglement volontaire, c'est d'ignorer des faits sociaux très pertinents.  L'enjeu de la hausse de frais est justement: qui doit payer?  Les plus riches, par le biais de l'impôt sur le revenu et sur les gains capitaux (on aimerait voir ça), ou bien la classe moyenne et les gens à faible et modeste revenus, par le biais de la tarification?  Passer à côté de cette question au nom de la "crédibilité" ne ferait manifestement rien pour avancer le débat....

Le sondage complet: http://www.scribd.com/doc/82987495/Quebec-Issues-Poll-Forum-Research



Enfin!

Après trois tentatives infructueuses de susciter une réponse quelconque de mon député fédéral Tyrone Benskin (NPD), il me répond enfin.  Et c'est au sujet du jubilé de la reine Elizabeth et les médailles que le gouvernement Harper distribuent pour "souligner la contribution au Canada" de certaines personnes que le député Benskin m'écrit.

Rappelons que j'avais envoyée une lettre à M. Benskin posant ma candidature en tant que récipiendaire d'une médaille élizabéthaine.  (Pour ceux et celles qui ne l'avaient pas saisi: cette lettre était sarcastique.  Dans les faits, je ne veux pas une médaille pour ma militance, et je trouve, bien entendu, l'exercice d'octroi de médailles monarchistes absurde, inutile et, surtout, un gaspillage de 3,7 millions $ de notre argent.  Je suis désolé si ce n'était pas assez clair ;)

Le député Benskin reçoit donc "avec plaisir" ma candidature pour l'octroi d'une des 30 médailles à être octroyées dans la circonscription, tout en précisant que les critères de sélection ne sont pas encore définis. Pour M. Benskin, il s'agit bel et bien d'un "magnifique programme de reconnaissance".  Alors, monarchiste notre cher député?  Il serait hasardeux de conclure ainsi.  Ma lettre était sarcastique; il se peut celle de M. Benskin l'était autant.  Difficile à savoir, donc, si M. Benskin tourne en ridicule "le magnifique programme" ou bien s'il trouve l'idée de dépenser des millions pour honorer la reine géniale....

dimanche 26 février 2012

Un vrai bouillonnement

Cela fait plus ou moins 25 ans que je milite dans des différents mouvements sociaux.  De San Francisco, à Santa Cruz, à Montréal, oui, il y a eu des moments où j'ai succombé au découragement, au désespoir, et à l'apathie, sans jamais, pour autant, finir par croire aux valeurs dominantes néolibérales.

Au travers ces années de militance, jamais ai-je expérimenté ce bouillonnement, cette effervescence, cet incroyable solidarité et créativité qui émergent présentement dans la foulée de la grève étudiante.  Des petit soupçons de ça, oui, mais jamais à ce point.  Chaque jour des nouvelles idées jaillissent, des nouvelles initiatives sont créées.  Il suffit de lancer un courriel, et on trouve facilement nombreuses personnes pour mettre les initiatives en oeuvre.  Il y en a qui arrivent des associations étudiantes, mais, et c'est ça que je trouve extraordinaire, beaucoup plus qui viennent d'en bas, des membres mêmes.  Des questions théoriques, de la stratégie, tout est discuté démocratiquement, avec une intensité et une ouverture d'esprit exemplaires.  Nous sommes en train d'apprendre à fonctionner collectivement, d'une façon beaucoup plus soutenue que dans nos travaux d'équipes habituels.  C'est ça la grève.  La libération de cette incroyable et inépuisable énergie collective.

Des exemples?  Bon, le premier rencontre du comité mob des étudiant-e-s en droit à l'UQAM attire 25 participants.  Songez à ça.  En temps normal, on peut rêver à cinq ou six personnes motivées. Et oui, chaque personne est motivée, chaque personne apporte une perspective particulière; quel travail d'équipe formidable!  Personnellement, je participe à une initiative dont je ne peux pas pour l'instant révéler la teneur. Non pas parce qu'il s'agit de quelque chose d'illégal, mais parce que le groupe doit se prononcer quant au moment et à la manière de son introduction sur la place publique. Je peux juste dire que dans l'espace de quelques jours nous avons développé un projet que, en temps normal, aurait pris quelques semaines, voire mois, à créer.

Et quelle privilège, pour un "vieux" comme moi, de côtoyer cette jeunesse en plein devenir.  Qui possède une ouverture d'esprit et une énergie qui me suscitent une infinie admiration.  Exemple: lors de la première rencontre de comité mob, il y avait bien sûr les "suspects usuels", les militants de gauche connus de la faculté, mais aussi des types pour lesquels cette grève est leur première expérience militante.  Un jeune homme, lors de la tour de table d'introduction, a expliqué que seulement une semaine auparavant, il avait voté avec ferveur contre la grève, mais que, dans l'espace d'une semaine, il avait compris que la grève était le seul moyen de faire reculer le gouvernement, et qu'il fallait s'impliquer pour que cela se réalise.  Les discussions sur les sujets délicats se passent oui avec une certaine intensité, voire passion, mais toujours avec du respect, malgré des positions apparemment opposées, et nous avons constaté plusieurs revirements d'opinion des individus ayant écouté avec ouverture les positions de leurs "adversaires".

Alors cette question de "démocratie directe" devient, d'un coup, beaucoup moins théorique pour moi.  Et il me gagne une certitude que nous avons non pas juste les moyens de gagner la lutte sur les frais de scolarité, mais bien les moyens de collectivement mener des grands projets de société...La grève est le laboratoire pour ça, et voir autant de gens se donner coeur et âme à cette nouvelle expérience de solidarité ne peut que réjouir même les plus cyniques d'esprits.  Dans deux semaines, nous avons déjà avancé d'un grand pas.  Tellement, que j'aurais quasiment de la peine de voir le gouvernement reculer trop vite...

samedi 25 février 2012

No pasaran!

Ça s'est passé au CEGEP Saint-Laurent, vendredi le 24 février

jeudi 23 février 2012

Printemps québécois

La police parle de 10 à 15 mille manifestants.  Je ne sais pas, moi, je ne vois pas comment cela se peut que nous étions moins nombreux que le 10 novembre passé.  Il n'y avait que la jeunesse à perte de vue.  Rendu à Guy-Favreau, il y en avait encore du monde au Square Phillips.  Dans tout le cas, c'était tout un déclenchement.  Et dire que ce n'était que le déclenchement!



Qu'on était 15 ou 30 mille, en tout cas, c'était vraiment quelque chose d'entendre des milliers de voix crier, à tue-tête :  "Grève générale".


And the best is yet to come!










mardi 21 février 2012

Hausse des frais de scolarité: Qui dit vrai ? (article de Simon Crépeault)

Mon collègue Simon Crépeault à l'UQAM fait tout un tollé sur le web avec cet excellent article sur les enjeux entourant la hausse de frais de scolarité (on serait rendu à plus de 30 000 lectures).  Je le reproduis textuellement ici, avec la permission de l'auteur:



Et c’est reparti!

La population étudiante se bat une fois de plus pour contrer la hausse des frais de scolarité. Elle se bat contre le gouvernement, mais également contre l'opinion publique qui peut être influencée par des chiffres trompeurs. Internet permet la diffusion d'information, mais trop souvent aucune source ne l'appuie. Voici donc,sources à l'appui, l'information qui provient en grande partie de source gouvernementale et qui nous permet de comprendre que la hausse des frais de scolarité n'est pas aussi légitime que le gouvernement et une partie de la population qui s'y laisse berner voudraient bien le laisser croire.


Signez la pétition déposée à l'Assemblée nationale et ouverte à signature dès aujourd'hui. 

L'AIDE FINANCIÈRE AUGMENTERA DU MÊME MONTANT QUE LA HAUSSE

Vraiment ?

Pour que l'aide financière augmente, il faut d'abord y être éligible. En 2008-2009, 169 169 étudiants étaient inscrits à temps plein à l'université (page 23). De ce nombre, 65 181 (38,5%) ont bénéficié de l'aide financière tandis que seulement 25.7% des étudiants inscrits (43 465) ont eu droit à des bourses. Ceci signifie que 61.5% des étudiants n'ont pas droit à l'aide financière (ou n'en auraient pas besoin) pour les études universitaires et que, même s'ils y ont droit, seulement 33% de ceux qui en bénéficient (21 716) n'obtiennent que des prêts. Ainsi, même si l'aide financière supplémentaire se fait sous forme de bourses, elle ne concerne que 25% de la population étudiante.

Cette "information" n'a donc aucune valeur pour 75% de la population étudiante, cette dernière n'ayant pas accès à l'aide financière ou aux bourses. 

Vous ou vos enfants ne font ou ne feront pas partie du 25% ? Ne vous laissez pas berner.

LES ÉTUDIANTS DOIVENT FAIRE LEUR JUSTE PART

Vraiment ?

Qui n'est pas allé sur les bancs d'école ? Qui sont donc ces étudiants qui doivent "faire leur juste part" et surtout, quand doivent-ils la faire ? C'est tout le monde en fait. Tout le monde, sauf ceux qui ont terminé leurs études. L'avaient-ils payé, eux, leur juste part? 


N'utiliser que ces chiffres relève de la malhonnêteté. C'est vrai, en dollars d'aujourd'hui, nous payerons le même montant que payaient les étudiants en 1968. Mais le dollar de 1968 indexé à celui de 2016 ne peut justifier à lui seul une telle augmentation. Faites le calcul vous-même. Les frais de scolarité de 546.40$ en 1968(p. 67) équivalent à 3420$ en 2011. Mais qu'en est-il de tout le reste ? Quel était lecoût du logement en 1968 ? Le prix des aliments a explosé depuis les 10 dernières années, quel était leur prix en 1968 ? On ne peut revenir en arrière et prétendre que ramener les frais de scolarité au niveau de 1968 fera en sorte que le montant payé par les étudiants représentera leur juste part.

D'ailleurs, pourquoi avoir choisi 1968 comme année de référence ? Et bien, 1968 a été l’année où le gouvernement a exigé des frais de scolarité les plus élevés dans toute l’histoire du Québec (Figure 15 p. 54). Dès 1969, les frais de scolarité ont baissé si l'on tient compte du pourcentage du revenu moyen attribué au paiement des frais.

En fait, si en 1968 les frais de scolarité étaient à 100% de ce qu'ils auraient dû être, la moyenne des années 70 fut de 63.6%; celle des années 80 de 31.33%; celle des années 90 de 55.5% et celle des années 2000, environ 65%. (Voir ce document: le système universitaire québécois : données et indicateurs, p. 67).

Ces chiffres peuvent être vus de bien des manières, mais le premier constat qui nous vient à l'esprit est que ce sont ceux qui ont bénéficié des plus bas frais de scolarité qui prétendent que les étudiants doivent faire leur juste part. Pensons à Jean Charest (1981, 41.4%)François Legault (1984, 31.1%), Pauline Marois (1976, 59.8%),Gérard Deltell (1989, 25.1%)Mario Dumont (1993, 40.8%). En fait on pourrait pratiquement tous les passer, aucun n'aura payé ce qu'ils prétendent être "la juste part", soit celle de 1968. Si cette génération avait placé tous les montants non payés en frais de scolarité selon le pourcentage de ce qu'ils auraient dû, combien devraient-elle redonner, avec intérêt, aux générations actuelles qui sont maintenant prises à éponger le déficit ? Ceci pourrait très bien être LA juste part dont on parle partout ! (Voir la section "Les chiffres le disent" plus bas pour la suite de cette analyse).

LES FRAIS DE SCOLARITÉ PEU ÉLEVÉS DU QUÉBEC NE FAVORISENT PAS L'ACCESSIBILITÉ

Vraiment ?

On n'entend parler que de la Nouvelle-Écosse, avec des frais de scolarité universitaires des plus élevés au Canada et un taux de fréquentation également des plus élevés (p. 1 de l'annexe). Comme s'il y avait un lien direct entre les frais de scolarité élevés et l'augmentation de la fréquentation, donc l'accessibilité.

La réponse à cette "information" propagandiste tient en un mot : CÉGEP

Un bulletin statistique du Ministère de l'Éducation révélait que, si l'on tient compte de l'ensemble de l'enseignement postsecondaire plutôt qu'uniquement l'enseignementuniversitaire, le taux scolarisation des 17-34 ans (contrairement au tableau de l'Institut économique de Montréal (à la page 1 de l'annexe) qui ne fait état que de la fréquentation des 20-21 ans, et uniquement pour l'enseignement universitaire) est de 20,3% au Québec, contrairement à 16,9% au Canada (incluant le Québec) et de 11,2% pour la moyenne des pays de l'OCDE. 

Mentionnons également que les frais de scolarité ont volontairement été maintenus bas, justement pour favoriser l'accessibilité aux études supérieures puisque le Québec était en retard (voir Rapport Parent, page 82) sur les autres provinces pour le taux de scolarisation. 

Le résultat ? Le Québec a un taux de scolarisation supérieur non seulement au Canada, mais également parmi tous les pays de L'OCDE. En fait, le Québec est au premier rang du taux de scolarisation postsecondaire de tous les pays de l'OCDE (p. 2). Devrait-on établir une corrélation entre le bas prix de l'éducation et le haut taux de fréquentation ?
Les données qui ne réfèrent uniquement qu'à la fréquentation universitaire des 20-21 ans sont donc trompeuses et ne peuvent être utilisées sans distinguer les particularités québécoises dues aux études préuniversitaires et au fait qu'un baccalauréat dure 3 ans au Québec, contrairement à 4 dans le reste du Canada. Cette dernière donnée à elle seule peut faire diminuer le taux québécois de fréquentation universitaire de 25% !

Si je voulais manipuler l'information comme le fait le gouvernement "haussiste", je ferais un lien direct entre le taux supérieur de scolarisation postsecondaire du Québec et les frais de scolarité qui sont parmi les moins élevés.

D'ailleurs, l'exemple de l'Angleterre tend à démontrer que la hausse des frais de scolarité a eu un impact significatif sur les admissions (baisse d'inscription de 8,7%).

Le gouvernement lui-même, après avoir mis sur pied un comité consultatif, constatait que "les obstacles financiers sont bien réels et que les hausses des droits de scolarité peuvent avoir un effet négatif sur la participation aux études universitaires, en particulier chez les jeunes des milieux à faibles ou à modestes revenus et chez ceux des familles dont le revenu avoisine le revenu médian et qui ne bénéficient pas de l’aide financière aux études" (p. 19). (comme nous le verrons plus loin, ces obstacles affectent principalement ceux qui votent moins aux élections...).

Soyons honnêtes et citons également le fait "qu’il est possible de contrer ces effets pervers avec des mesures financières compensatoires" notamment par l'attribution de bourses (p. 19). Mais considérant que 75% des étudiants n'y ont présentement pas droit, comment l'attribution de bourses à 25% de la population étudiante peut réellement maintenir ou améliorer (conformément aux engagements internationaux du Canada) l'accessibilité pour la vaste majorité ? Est-ce que les mesures gouvernementales feront en sorte de faciliter l'accès aux bourses ? Si oui, pourquoi le gouvernement ne présente pas ces chiffres clairement ? Ils sont pourtant bien simples à comprendre, non ?

L'ÉDUCATION N'EST PAS UN DROIT, C'EST UN PRIVILÈGE  -  LA GRATUITÉ SCOLAIRE POSTSECONDAIRE EST UN MYTHE

Vraiment ?

Comment expliquer qu'un pacte international (PIDESC) en vigueur depuis 1976 prévoyant ce droit fut ratifié par 160 pays, dont le Canada ? Nos dirigeants étaient-ils tous fous lors de leurs ratifications respectives ? Non. C'est nous qui sommes "fous" d'adhérer à une propagande provenant d'un gouvernement (et reprise par un segment de la population, qui, peu scolarisé, ne parvient pas à remettre en question les chiffres avancés) qui veut nous faire croire que l'éducation est un privilège, et ce, pour ne pas avoir à respecter les engagements internationaux.

Pour les sceptiques, voici l'article en question :

L'article 13 (1) du PIDESC prévoit en effet "le droit de toute personne à l'éducation":

"Les États parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à l'éducation. Ils conviennent que l'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. [...]"

Le pacte prévoit à son article 13 (2) (c) que pour assurer le droit à l'éducation,

"L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité; " (Voir également ce document du gouvernement du Québec à la page 16 qui reconnaît que "les pays signataires (le Canada a adhéré à ce pacte en 1976) devraient cheminer progressivement vers la gratuité scolaire, y compris aux études postsecondaires". Ce rapport laisse entendre que le droit à l'éducation n'est qu'un discours ou une approche alors qu'il est inscrit dans un Pacte international auquel le Canada et le Québec sont parties et donc liés.

Sans nécessairement militer pour une gratuité immédiate, est-ce que la hausse des frais de scolarités proposée par le gouvernement Charest est conforme aux engagements internationaux qui lient le Québec ? Est-ce qu'une hausse des frais de scolarité peut, d'une manière quelconque, contribuer à se rapprocher progressivement de la gratuité de l'enseignement supérieur ? Peut-on si facilement répudier nos engagements internationaux ? Le gouvernement avoue candidement que la hausse des frais de scolarité au niveau de 1968 "n’aura pas amélioré la situation, mais ne l’aura pas détérioré" (p. 16). Peut-on dire que ne pas "améliorer la situation" sans la détériorer est synonyme d'instauration progressive de la gratuité ? Il n'y a bien rien que les politiciens pour nous faire gober de telles absurdités !

Ceci étant, certains poseront la question à savoir, si des droits à l'éducation son si explicitement énoncés dans un pacte international, pourquoi la police internationale ne viendrait pas "emprisonner" le Canada ? La réponse est toute aussi malheureuse que simple:  Le Canada n'a pas signé ni ratifié l'entente qui prévoit les procédures de plaintes et de réparations, tout simplement. Il peut donc se vanter d'être partie à un pacte international en faveur de droits économiques et sociaux auprès de la Communauté internationale et de sa propre population sans appliquer le nécessaire pour favoriser effectivement la mise en œuvre des droits qui y sont énoncés.

(Voir le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels à cette adresse (articles 2, 7, 8 et 9) qui met en place les procédures de plaintes pour faire valoir les droits énoncés. (Protocole ouvert aux signatures en 2009, 39 pays l'ont signé depuis, dont 7 l'ont ratifié, entrée en vigueur lorsque 10 États l'auront ratifié).

Donc, l'éducation supérieure (ou postsecondaire) est-elle vraiment un privilège plutôt qu'un droit ? 160 pays sur 193 ont dit que NON. 

Est-ce farfelu d'envisager et de tendre vers une éducation postsecondaire gratuite ? 160 pays sur 193 ont signé un pacte international à cet effet. Est-ce que 83% des dirigeants de pays peuvent avoir, de concert, eu l'intention de faire croire à l'impossible à leur peuple ? Probablement ! Mais il n'en demeure pas moins que la gratuité scolaire, même postsecondaire à moyen terme, relève plutôt d'un choix de société (un choix que la société a fait en 1976) que d'un mythe.

Au Québec, le Rapport Parent était aussi clair: "L'éducation n'est plus, comme autre- fois, le privilège d'une élite. La gratuité scolaire s'impose pour généraliser l'enseignement" (Tome 1, page 92). 

Ce sont ces questions que devraient se poser les haussistes plutôt que de recracher aveuglément le discours clé en main que fournit le pouvoir en place afin de légitimer une hausse des frais de scolarité qui n'est en fait que le résultat d'une gestion partisane des finances gouvernementales.

LES CHIFFRES LE DISENT: LE GOUVERNEMENT NE PEUT SE PERMETTRE DE DÉPENSER PLUS EN ÉDUCATION  -  L'ARGENT NE POUSSE PAS DANS LES ARBRES !

Vraiment?

Le maintien de l'accessibilité aux études postsecondaires relève d'un choix de société, et non d'une guerre de chiffres, comme voudrait le faire croire le gouvernement. C'est toujours plus facile de faire passer un argument avec des chiffres, quand on sait que la majorité ne va pas les consulter ni les remettre en question (à moins, bien sûr, que les chiffres ne soient très facilement accessibles, ce que je tente de faire ici).

Pour parler de chiffres, les budgets du Québec entre 2000 et 2011 ont réduit les revenus gouvernementaux à maintes reprises (2000-2001: indexation des paliers d'imposition: 2G$ par année en moins; 2001-2002: Réduction des taux d'imposition:1.2G$ par année en moins; 2005-2006 : poursuite de l'allègement fiscal et indexation: 622M$; 2006-2007 : Réduction d'impôt: 950M$ par année en moins (section 5 p. 3 et 4; section 6 p. 20) ;  2007-2008: Élimination progressive de la taxe sur le capital: 890 M$ (voir Budget 2006-2007 section 6 p. 21) , et ce, en grande partie au profit des mieux nantis, (ceux qui paient de l'impôt, combien les étudiants paient-ils d'impôt?) ces mêmes qui n'ont pas payé leur juste part des frais de scolarité entre 1970 et 1990 et qui n'entendent pas qu'il en soit ainsi pour les étudiants actuels: il faut pourvoir aux retraites de ceux qui votent ! (ce propos, à ce stade, semble venir de nulle part, mais est appuyé ci-bas).


Ces chiffres répondent également à l'argument selon lequel les études étant un investissement rentable (p. 1 à 3), l'étudiant doit se les financer lui-même. Des impôts plus élevés (avant les baisses) auraient permis aux mieux nantis de donner à la société un retour sur son investissement, et précisément sur ce qu'elle leur aura donné: une éducation abordable permettant à tous ceux qui le désirent, d'y avoir une chance d'y avoir accès sur un pied d'égalité, riches ou pauvres. N'est-il pas démontré qu'il existe une corrélation directe entre niveau de scolarisation et revenus (qui dit revenus dit impôt) ? En effet, "les revenus d’emploi durant la vie active (de 17 à 64 ans) seraient de 875 510 $ de plus pour les titulaires d’un baccalauréat, comparativement aux diplômés d’études secondaires" (p. 28-30). Les plus scolarisés auraient donc de fortes chances de payer plus d'impôt. Mais si on baisse les impôts, les plus scolarisés de la génération précédente qui n'ont pas payé leur juste part de frais de scolarité paieront-ils leur juste part d'impôt?

Ainsi, le gouvernement se serait intentionnellement privé d'au moins 47 milliards depuis 10 ans (117.6 milliards (p. 5 et 6) en considérant tous les allègements fiscaux!) pour en faire profiter sa clientèle électorale au détriment de ceux qui, de toute façon ne votent pas! En effet,  "les jeunes, les citoyens peu scolarisés, les citoyens des milieux socio-économiques défavorisés et les citoyens issus des minorités ethnoculturelles voteraient en moins grand nombre que les autres catégories d’électeurs" (Allocution de Marcel Blanchet, directeur général des élections, paragraphe 17).

Qui sont les électeurs de cette "autre catégorie" ? Logiquement, par opposition, ce seraient les vieux (ou moins jeunes), scolarisés et de milieux favorisés. Cette autre catégorie ne ressemblerait-elle pas curieusement à celle qui a justement profité de frais de scolarité particulièrement bas (mis à part, bien sûr de la sacro-sainte cohorte 1968 qui aura eu l'honneur d'avoir payé sa juste part) ? Effectivement, au Québec, letaux de participation en 2005 des 18-47 ans était en moyenne de 48% alors qu'il était de 73.66% chez les 48 ans et plus...

Quand on sait que la gratuité scolaire universitaire coûterait 405 millions $ (p. 39) par année (4.87 milliards $ depuis 2000), et que le Québec a les moyens de réajuster ses dépenses pour refléter le choix de société, était-il légitime de se priver de dix fois ce montant (47 milliards $ depuis 2000) en accordant des baisses d'impôt aux mieux nantis ? Je me, et vous le demande...

La hausse des frais de scolarité relève donc de l'idéologie d'un gouvernement qui tente tant tant bien que mal de semer la confusion autour de chiffres, pour mener à terme des choix politiques idéologiques appuyés sur des principes moralisateurs de la "juste part". Mais quelle est-elle cette juste part si elle est malléable selon qu'il s'agisse soit d'une population votante, scolarisée et aisée ou alors d'une population non-votante et peu scolarisée faute de moyens ? La notion de juste part est instrumentalisée pour monter la population contre un principefondamental et reconnu (article 13): le droit à l'éducation. 


Qu'on soit pour ou contre la hausse des frais de scolarité, il faut savoir que l'information véhiculée par le pouvoir en place est trompeuse et camoufle une partie de la réalité (ce qu'on appelle un mythe) pour faire avaler un choix qui n'avantage pas la majorité, et ça, c'est l'autre face de la démocratie.


Mythe: Image simplifiée, souvent illusoire, que des groupes humains élaborent ou acceptent au sujet d'un individu ou d'un fait et qui joue un rôle déterminant dans leur comportement ou leur appréciation (Petit Robert 2001 version CD Rom). (La recette de fabrication des mythes: rédaction en cours et paraîtra sous peu sur ce blogue). 

L'argent ne pousse donc pas dans les arbres, non, mais il pousse! Et la richesse croît, mais c'est généralement la richesse qui attire la richesse (bien sûr, il y a des exceptions, mais je doute autant qu'un fils de millionnaire ne puisse se retrouver à la rue qu'il ne soit obligé de travailler 30 heures/semaine pendant ses études pour les payer), et les fruits de cette richesse retombent toujours près de l'arbre qui les a produits, là où la richesse est déjà présente. J'omets volontairement la référence pour ce dernier propos, constatez par vous-même. 


Finalement, puisqu'il faut au moins la mentionner, pensez-vous que j'aurais eu le temps de faire cette recherche, de me poser des questions et d'y trouver des réponses appuyées si je n'étais pas présentement en grève ? Quoiqu'on en dise, c'est un beau moment, ce temps d'arrêt, pour réfléchir et remettre en question ce qui sonne faux... 


En tout dernier lieu, de grâce, si lire ce texte vous choque parce que vous avez dessources fiables qui disent le contraire ou qui nuancent ce que j'avance, EXPRIMEZ-VOUS ET FAITES-M'EN PART SUR LA PLACE PUBLIQUE (ou en privé si cela vous gêne), il n'y a rien de plus légitime qu'un débat d'idées pour faire avancer les choses et faire ressortir la vérité dans ce fouillis de désinformation. Et le but, c'est de confectionner un monde meilleur, pas d'avoir raison!


Mon idéologie, c'est la vérité, pas une construction de cette dernière. 

Sources: 


-Conseil du Patronat du Québec: www.cpq.qc.ca/assets/files/memoires/.../0403universitesfinanc.pdf

Il est intéressant de constater que même une institution réputée tel le Conseil du Patronat peut véhiculer des faussetés si facilement réfutables par un simple étudiant comme moi! 


- Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels, Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm

- Ratifications : http://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=IV-3&chapter=4&lang=fr

-Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études: http://www.cse.gouv.qc.ca/fichiers/documents/publications/ccafe/50-1123.pdf

-OCDE, Regards sur l’Éducation, Les indicateurs de l’éducation 1998, page 195. Ministère de l’Éducation du Québec. http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/bulletin_13.pdf

- http://www.cyberpresse.ca/international/europe/201201/30/01-4490704-angleterre-baisse-des-inscriptions-a-luniversite-apres-la-hausse-des-frais.php 

- Ministère de l'éducation, apport 2008-2009 de l'AFE aux pages 7, 22 et 28. http://www.afe.gouv.qc.ca/CONTACT_UC/Publications/AFE/PUBL_Rapport_statistique_2008_2009.pdf

- Un plan de financement des universités équitable et équilibré: http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2011-2012/fr/documents/Education.pdf

- http://www.crepuq.qc.ca/spip.php?article902 

- http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/11/brochure-faut-il-vraiment-augmenter.pdf 


http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2011/06/note_fiscalit%C3%A9.pdf

- http://www.elections.ca/content.aspx?section=res&dir=rec/part/estim/38ge&document=report38&lang=f

- http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/commission_parent.html

- http://classiques.uqac.ca/contemporains/quebec_commission_parent/rapport_parent_1/rapport_parent%20_vol_1.pdf

- http://www.irec.net/upload/File/EducationAidefinanciere%20Janvier%202012.pdf 

www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2007RB-01.pdf


- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2000-2001/fr/communiques/com2impotfr05.pdf

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2001-2002/fr/maillon/impot.htm

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2005-2006/fr/pdf/PlanBudgetaire.pdf

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/budget/2006-2007/fr/pdf/PlanBudgetaire.pdf

- http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2011-2012/fr/documents/Education.pdf

dimanche 19 février 2012

De la provocation et de la destruction

Au CEGEP du Vieux Montréal, une occupation de l'établissement mal-tournée provoque des condamnations prévisibles de la part de la Ministre Beauchamp.  Dans notre entourage, quelques voix s'élèvent aussi pour critiquer la "grabuge", la "casse" et le "vandalisme", qui ne servent qu'à "discréditer le mouvement étudiant" et "véhiculer un message négatif" auprès du public.

De prime abord, il faut se garder de se fier trop aux reportages sensationnalistes des grands médias.  Si on n'était pas présent aux événements en question, il peut être dangereux d'avoir recours au seul ouïe-dire pour arriver à une analyse raisonnée de la situation.  Qui étaient les acteurs des ses événements?  Quels individus étaient responsables pour les actes de "vandalisme"?  Comment la police a-t-elle géré la confrontation?  Leur réaction était-elle démesurée?  Surtout, il faut bien comprendre le contexte qui a conduit au conflit.  

Ainsi, il est essentiel de comprendre que l'administration du CEGEP avait posé un geste provocateur: elle avait menacé l'association étudiante de fermer l'établissement complètement suite à un vote de grève.  Un tel geste prive effectivement les étudiant-e-s de tout moyen de s'organiser démocratiquement.  Où tenir les votes de reconduction de grève?  Comment poursuivre les activités de mobilisation?  Dans ces conditions, un lock-out de cette nature ne peut être vu qu'une tentative de mettre des bâtons dans les roues du mouvement étudiant.  Il était donc tout à fait prévisible que certains étudiant-e-s réagissent avec colère au geste de provocation de l'administration du CEGEP du Vieux.  Pour poser un tel geste, l'administration devait soit faire preuve d'aveuglement volontaire quant aux conséquences, soit être imbue de mauvaise foi.

Maintenant, la Ministre Beauchamp vient jeter d'huile sur le feu, en ordonnant les CEGEPs de poursuivre les activités d'enseignement malgré les mandats de grève.  En ce sens, la réaction du président de la FECQ est tout à fait juste; selon lui, la Ministre "joue un jeu dangereux" et "vise la confrontation" qui risque de provoquer d'autres incidents comme ceux qui se sont produits le jeudi passé au CEGEP du Vieux.

Le gouvernement Charest s'apprête à détruire l'accessibilité des études supérieures au Québec.  En ce faisant, il porte violence au droit de l'éducation.  Les étudiant-e-s sont très justifié-e-s dans leur colère face à ce gouvernement.  L'obstination et la provocation du gouvernement, dans ce contexte, risquent de créer une situation explosive.  Nous ne pouvons que conclure que la partie irresponsable dans cette équation est le gouvernement, puisqu'il sait très bien ce qu'il fait.  Provoquer des gens en colère n'est jamais une bonne idée.

Maintenant, devons-nous mettre en garde nos camarades contre toute destruction de biens, devons-nous condamner les gestes des individus qui répondent, peut-être d'une façon malhabile parfois, aux provocations du gouvernement?

Il serait dangereux de croire que seule la contestation polie est efficace.  Il est vrai pour ce qui est de l'opinion publique, la destruction des biens peut avoir un effet négatif, mais, à mon avis, cela dépend de l'étape de la lutte.  À cette étape-ci, je ne crois pas que ce soit la meilleure façon de véhiculer le message des étudiant-e-s au public.  

Dire cela n'est pas la même chose que dire que le "non-violence" est obligatoire dans toutes les situations.  Lorsque l'État attaque les contestataires, par exemple, avec de la violence qui viole les droits fondamentaux des gens, autrement dit, lorsque l'État devient lui-même un voyou, une stratégie de auto-défense pourrait être nécessaire.

Dans certaines situations, la crainte d'une réaction violente des jeunes peut même empêcher l'État de poursuivre d'actions destructrices.  Un fait historique qui m'a toujours fait songer c'est la question de la possibilité de l'invasion de la Cambodge par les Américains.  En effet, le président Nixon soupésait la possibilité d'envoyer des forces terrestres pour contrer la "menace communiste" au printemps 1970.  En réunion de cabinet, un de ses conseillers lui aurait dit "Si tu le fais, les campus américains vont éclater en flammes".  Bon, Nixon a fait fi des conseils de son cabinet et a opté quand même pour une campagne de bombardement intense qui a fini par permettre aux Khmers Rouges de prendre le pouvoir, mais le principe demeure que ce n'est pas juste des pétitions et lettres ouvertes qui puissent faire réfléchir (ou infléchir) les décideurs.

vendredi 17 février 2012

Un appui des professeurs des sciences juridiques - UQAM


8.        Mobilisation étudiante contre la hausse des frais de scolarité

Proposition de Résolution sur la hausse des frais de scolarité et le mouvement étudiant

Considérant la décision du gouvernement d’augmenter les frais de scolarité de 325$ par année à compter du trimestre d’automne 2012 ;

Considérant que cette augmentation devrait se poursuivre jusqu’en 2016-2017, pour une augmentation totale de 1 625$ minimum ;

Considérant que le gouvernement envisage ainsi de faire passer le montant des frais de scolarité de 2168 dollars (en 2011) à 3 793 dollars (en 2016) par an ;

Attendu que cette augmentation s’inscrit dans une tendance à la marchandisation de l’éducation de par laquelle la société québécoise se déresponsabilise et remet sur les seules épaules des individus la tâche de s’instruire ;

Attendu que cette tendance à la marchandisation est de plus en plus inscrite dans le vocabulaire technocratique universitaire qui a notamment remplacé le terme de « population étudiante » par celui de « clientèle étudiante », tendance qui a comme effet de transformer le rapport pédagogique entretenu avec elle ;

Attendu que ce nouveau rapport pédagogique fait en sorte que les professeurs et chargés de cours sont de moins en moins appelés à rendre des services à la société en formant des citoyens, et de plus en plus à vendre des services aux étudiants-clients en fonction des seuls besoins du marché ;

Attendu la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et notamment son article 26 selon lequel,

1.     Toute personne a droit à l’éducation. (…) [et] l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. (…).
Attendu l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966 en vertu duquel

2. Les États parties au présent Pacte reconnaissent qu'en vue d'assurer le plein exercice de ce droit: (…)
c) L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité;  (…).
Attendu l’Observation générale n°13 sur le droit à l’éducation de 1999, du comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies, selon laquelle les États ont 

« L’obligation de prendre des mesures concrètes en vue d’assurer à terme la gratuité de l’enseignement secondaire et supérieur » (paragraphe 14, E/C.12/1999/10, 8 décembre 1999).

Attendu l’Observation générale n°13 sur le droit à l’éducation et en particulier son paragraphe 7, relatif à la définition de l’expression « l'instauration progressive de la gratuité », selon lequel :

« Les frais d'inscription imposés par le Gouvernement, les collectivités locales ou les établissements scolaires, et d'autres frais directs, sont un frein à l'exercice du droit et risquent de nuire à sa réalisation. Ils entraînent aussi souvent un net recul de ce droit ».

Attendu la Résolution de la Commission des études de l’UQAM, intitulée Position de la Commission des études sur la hausse des droits de scolarité (résolution 2011-CE-11864) ;

Attendu la Résolution du Conseil syndical du SPUQ du 9 novembre 2011 ;

L’Assemblée départementale du département des Sciences juridiques de l’UQÀM

Rappelle que l’instauration progressive de la gratuité des frais universitaires est non seulement un objectif à atteindre mais une obligation internationale depuis 1976 ;

Soutient avec force et détermination le mouvement des étudiants-es dans sa lutte contre la hausse des frais de scolarité et pour la pleine réalisation du droit à l’éducation.

IL EST PROPOSÉ PAR Martin Gallié, appuyé par Rémi Bachand

Adopté à l’unanimité